Le marché de l'emploi cadre IT repart en 2026

Après deux années de recul, le recrutement des cadres informatiques redémarre. Selon les prévisions de l'APEC pour 2026, les entreprises françaises prévoient 305 800 recrutements de cadres au total, soit 4 % de plus qu'en 2025. Les informaticiens restent la fonction la plus recherchée, avec 61 160 recrutements attendus, également en hausse de 4 %.

Ce rebond suit un ralentissement marqué : les recrutements dans les activités informatiques avaient reculé de 21 % entre 2023 et 2025. La reprise reste donc à confirmer, l'APEC elle-même soulignant que le contexte géopolitique et économique pourrait peser sur cette embellie. Les moteurs identifiés : la transformation numérique des entreprises, le renforcement de la cybersécurité, et la montée en puissance de l'intelligence artificielle.

Les compétences qui tirent réellement leur épingle du jeu

Les grilles de salaires publiées par les cabinets de recrutement (Robert Half, Silkhom) et les baromètres spécialisés convergent sur un point : la prime va aux profils rares, pas aux généralistes.

Cybersécurité. C'est la compétence la plus demandée selon le guide des salaires IT Robert Half 2026 : 47 % des entreprises la citent comme prioritaire, et 42 % d'entre elles sont prêtes à payer plus cher pour ces profils. Un analyste SOC junior démarre autour de 40 000 à 48 000 euros bruts par an, un pentester junior entre 42 000 et 50 000 euros. Un RSSI confirmé dépasse souvent 90 000 euros, et jusqu'à 150 000 euros dans les grandes structures ou les secteurs réglementés.

Cloud et DevOps. Les ingénieurs cloud et DevOps juniors se situent généralement entre 38 000 et 50 000 euros selon les grilles de Silkhom et Robert Half, avec une accélération nette après 2 à 5 ans d'expérience (55 000 à 70 000 euros). La maîtrise de Kubernetes et des environnements hybrides reste, selon plusieurs cabinets, l'un des facteurs qui font le plus grimper les rémunérations.

Data et IA. Les profils data engineer et data scientist restent recherchés, mais avec un écart croissant entre les candidats sortant de formations généralistes et les entreprises qui exigent désormais une expérience concrète sur des projets en production.

Développement web généraliste. À l'inverse, plusieurs cabinets de recrutement notent une saturation du marché sur les profils de développement web sans spécialisation, notamment WordPress et PHP générique, là où les compétences en développement plus spécialisées (temps réel, systèmes embarqués) restent tendues.

Se former sans dépenser des milliers d'euros

Avant de payer une formation certifiante, la première étape reste souvent de pratiquer sur un projet réel avec des outils accessibles, dont plusieurs solutions françaises :

  • Pour piloter des données et construire ses premiers pipelines : Dataiku propose une édition gratuite jusqu'à 3 utilisateurs, un bon terrain d'entraînement pour un futur data engineer ou analyst.
  • Pour se former à l'hébergement cloud et au déploiement en production : Clever Cloud permet de déployer une vraie application en quelques minutes, avec un support en français, ce qui en fait une bonne alternative pédagogique aux offres AWS ou Azure pour découvrir les bases du cloud.

Les recruteurs interrogés par les cabinets cités plus haut sont unanimes sur un point : un projet personnel déployé et documenté pèse davantage dans un entretien qu'une certification seule. Une certification AWS ou une formation DevOps a de la valeur si elle est adossée à quelque chose de concret montrable, pas comme un totem isolé.

En résumé

Le marché IT français recrute en 2026, porté par la cybersécurité, le cloud et le DevOps. Les salaires juniors sur ces spécialités démarrent généralement entre 38 000 et 50 000 euros bruts selon les grilles publiées par les cabinets spécialisés, avec une progression rapide dès les premières années d'expérience. Les profils généralistes, en particulier en développement web, font face à un marché plus saturé.

Voir aussi : Tous les logiciels français pour le développement et l'infrastructure, Logiciels français d'analyse de données