La création d'entreprise est devenue beaucoup plus simple depuis 2023

Avant 2023, créer une entreprise impliquait une visite au greffe, des allers-retours avec un notaire ou un expert-comptable, et trois semaines d'attente. Depuis le 1er janvier 2023, tout passe par un guichet unique en ligne gérée par l'INPI. C'est devenu un processus dématérialisé de bout en bout, et un écosystème de plateformes juridiques françaises s'est structuré pour vous accompagner sur ce parcours. Reste à comprendre ce que ces outils font réellement, ce qu'ils coûtent, et lesquels choisir selon votre profil.

Ce guide s'adresse aux porteurs de projet, aux freelances qui veulent passer en SASU et aux petits entrepreneurs qui créent leur premier structure. L'objectif : démêler les offres, évaluer les frais réels et identifier le bon partenaire sans vous sur-engager.

Ce qu'une plateforme de création vous vend vraiment

Une plateforme juridique prépare et transmet votre dossier à votre place. Elle vous guide dans le choix de la forme juridique, rédige vos statuts, gère la publication de l'annonce légale, dépose votre dossier sur le guichet unique et vous accompagne jusqu'à la réception de votre extrait Kbis. Elle vous fait gagner du temps et sécurise un dossier qui serait rejeté si vous le montiez seul (quelques pourcents des dossiers individuels sont rejetés pour malformation).

Ce qu'elle n'apporte pas : le conseil stratégique sur mesure d'un avocat (pour un pacte d'associés complexe, une levée de fonds, une holding), ni la comptabilité une fois l'entreprise lancée. Pour ces sujets, il faut un professionnel dédié ou un logiciel adapté après l'immatriculation.

Point important : l'accès au guichet unique de l'INPI est gratuit. Vous pouvez théoriquement tout faire vous-même, sans payer personne. Les plateformes se rémunèrent sur la simplification et le gain de temps qu'elles apportent.

Les frais incompressibles fixés par l'État

Quelle que soit la plateforme choisie (ou même sans plateforme), certains frais sont obligatoires et identiques partout pour une société :

  • Annonce légale : environ 142 euros HT en métropole pour une SASU, plus pour une SAS (environ 199 euros HT).
  • Immatriculation au greffe : environ 33,83 euros.
  • Déclaration des bénéficiaires effectifs : environ 19,33 euros.

Total réaliste : 200 à 400 euros de frais obligatoires selon la structure. Il faut ajouter le coût de la prestation si vous passez par une plateforme. Pour une micro-entreprise, la déclaration est gratuite dans la majorité des cas.

Ces frais sont fixés par arrêté ministériel et ne bougent que rarement. Vérifiez-les directement auprès de la plateforme pour confirmer les montants actuels.

Comment arbitrer entre les plateformes : critères concrets

Avant de comparer les tarifs affichés, posez-vous ces questions :

1. Tarif tout compris vs tarif partiel. Beaucoup de plateformes affichent « à partir de 0 euros » pour attirer. Ce tarif ne couvre pas les frais obligatoires, qui s'ajoutent. Demandez systématiquement le coût total réel avant de vous engager.

2. Périmètre réel de la prestation. Simple dépôt de dossier ou accompagnement humain avec un juriste dédié ? Les deux changent complètement l'expérience.

3. Délai de traitement. Traitement standard (quelques jours) ou option express en 24 à 48 heures avec surcoût.

4. Services connexes. Beaucoup de platforms proposent en options : dépôt de capital sécurisé, compte professionnel, comptabilité initiale, domiciliation. Vérifiez ce qui vous intéresse réellement.

5. Transparence tarifaire. Évitez les abonnements cachés ou options ajoutées par défaut. Les meilleurs éditeurs affichent tout à l'avance.

6. Ancrage français. Société établie en France, support en français, hébergement des données français ou européen.

Les acteurs français : qui fait quoi

Les généralistes du juridique

LegalPlace (basé à Nanterre) couvre création de société et gestion juridique courante (modifications, dépôt de marque, pacs). Les tarifs varient entre 129 euros HT pour une offre standard et 199 euros HT pour une offre Express avec traitement prioritaire en 24 heures. Un bon choix si vous voulez un parcours guidé et un interlocuteur joignable.

Legalstart (à Paris) est l'un des plus connus sur le marché français. Il propose une entrée à 0 euros HT (Starter, hors frais obligatoires), 99 euros HT pour Standard et à partir de 199 euros HT pour Premium avec accompagnement dédié et traitement accéléré. Legalstart propose aussi des services de gestion juridique et un service de comptabilité en complément.

Creation simplifiée et branding

Swapn mise sur un parcours épuré avec une offre d'entrée gratuite, adapté aux porteurs qui veulent aller à l'essentiel sans fioritures.

Logology intervient en amont : création du nom, du logo et de l'identité visuelle avant même l'immatriculation. Utile pour une activité orientée web et digital.

Creation via un logiciel de comptabilité

Indy (à Lyon) permet de créer sa structure directement depuis son interface de comptabilité. Micro-entreprise, EI, SASU, SARL, SAS, EURL ou SCI. La formalité est gratuite pour tout abonnement Indy Premium, hors frais obligatoires. Cohérent si vous savez déjà que vous utiliserez Indy pour votre compta une fois immatriculé.

La domiciliation

Ma domiciliation (à Paris) fournit une adresse professionnelle pour le siège social, avec gestion et réexpédition du courrier. Une brique souvent nécessaire au moment de renseigner l'adresse de votre structure.

Après l'immatriculation : comptabilité et facturation

Une fois le Kbis reçu, vous entrez en activité et devez immédiatement suivre vos recettes, éditer des factures conformes et préparer vos déclarations. Deux solutions françaises couvrent bien ce sujet :

Indy (Lyon) est apprécié pour l'automatisation des déclarations fiscales, la gestion de la facturation électronique (obligatoire à partir de septembre 2026) et son compte pro intégré. Pennylane (Paris) s'adresse aux TPE et PME qui veulent piloter compta et facturation en lien direct avec leur expert-comptable.

Feuille de route en 6 étapes pour réussir

  1. Clarifiez votre projet : activité envisagée, seul ou avec des associés, régime fiscal visé.
  2. Choisissez la forme juridique : c'est elle qui détermine les frais, la complexité et les obligations. Pour un solo : micro, SASU ou EURL. Pour plusieurs : SAS ou SARL.
  3. Déterminez le budget réel : prestation de la plateforme + frais obligatoires + éventuellement dépôt de capital + options (domiciliation, compte pro).
  4. Comparez deux ou trois plateformes sur le périmètre, le délai et la qualité de l'accompagnement, pas seulement sur le prix d'appel.
  5. Lancez la formalité via la plateforme choisie, qui la transmettra au guichet unique.
  6. Équipez-vous immédiatement en comptabilité et facturation dès l'immatriculation.

Points clés à retenir

  • Le guichet unique (INPI) est gratuit, mais les frais obligatoires s'ajoutent (200-400 euros).
  • Une plateforme se paie pour le gain de temps et la sécurité du dossier, pas pour l'accès au guichet.
  • Comparez le coût total réel, pas le prix d'appel affiché.
  • Choisir un acteur français garanti support en français, données hébergées en Europe.
  • Dès l'immatriculation, prévoyez votre logiciel de compta et facturation.

Pour approfondir, consultez notre comparatif des logiciels de comptabilité français et notre guide des logiciels français pour freelances et indépendants. Pour explorer d'autres solutions, consultez l'annuaire complet de Logiciel France.